lundi 9 février 2009

Pauvre dans une société assez riche


Bonjour,
Je m’appelle Micheline et je suis pauvre. Pauvre, n’ayons pas peur des mots. Pas une économiquement défavorisée. Pas une minorité femelle de 55 ans ben visible soutenue par des programmes de l’État. Non, juste une pauvre dans une société assez riche.

Ces temps-ci, on parle de crise économique et de récession. Je la vis depuis longtemps moi, la crise économique. Depuis que j’ai perdu mon emploi sans assurance-maladie et que je reçois des prestations de Solidarité sociale. Un autre beau mot pour BS.

L’été, je pédale sur ma bicyclette. Pas vite. L’hiver, je marche. Pas vite. J’ai travaillé aux élections fédérales et je me suis gâtée. J’ai acheté une carte d’autobus. 66,25 $. Je suis allée à la Bibliothèque nationale, j’ai pris des livres, j’ai lu des journaux. Je suis allée à la Maison de la culture. Je suis allée à mon centre de femmes, à mon association de locataires. Mais là, c’est fini. Retour à la maison. Parce que l’autobus et le métro, ça coûte trop cher pour moi ! Si je pouvais payer un tarif réduit, la STM ferait de l’argent avec moi. Mais là, le 1er décembre, je recommence à marcher. Parce que 66,25 $ et bientôt 68,50 $ c’est l’équivalent d’une semaine de bouffe dont je ne peux pas me passer.

Le gouvernement fédéral a instauré un crédit d’impôt pour les titres de transport. FANTASTIQUE. C’est mieux que le gouvernement du Québec. Mais, pour avoir un crédit d’impôt il faut payer de l’impôt. Moi je suis trop pauvre; je n’en paie pas d’impôt. Ils ont juste oublié les plus pauvres, comme d’habitude. Et on marche, on marche...

mercredi 12 novembre 2008

11 novembre 2008

Aux organisations communautaires autonomes
amies et alliées de la TROVEP de Montréal


Bonjour,

La TROVEP de Montréal vous invite à un moment de réflexion sur l’évolution de la conjoncture : une droite en perte de vitesse?

Cette rencontre aura lieu au 1212 Panet local 200 (accessible aux personnes handicapées) (métro Beaudry) et se déroulera le 9 décembre de 13h30 à 16h30.

La crise financière qui secoue le monde, les résultats des élections étasuniennes, canadiennes et prochainement québécoises ainsi que la montée de la droite conservatrice au Québec et au Canada nous semblent inviter les mouvements sociaux à faire une relecture de l’évolution de la conjoncture.

Quel impact aura la crise financière sur l’évolution du néolibéralisme et sur celle de la mondialisation? À quelle attitude doit-on s’attendre des gouvernements dans ce contexte de crise économique ? Comment analyser la montée des discours de droite et des idées conservatrices au Québec ? Comment y faire face?

Afin d’alimenter ce « moment de réflexion », la TROVEP de Montréal a invité trois personnes qui sont chacune en position d’observer l’évolution de la conjoncture et de stimuler la réflexion et la discussion.

Gaétan Breton, Professeur titulaire au département des sciences comptables de l’UQAM et membre de la Coalition EAU Secours nous fournira des éléments pour comprendre la présente crise financière internationale.

Claude Vaillancourt, écrivain et militant de l’ATTAC Québec nous entretiendra de l’impact des ententes internationales ainsi que de la continuité en sourdine de la réingénierie du gouvernement du Québec.


Nicole Fillion, coordonnatrice de la Ligue des Droits et Libertés discutera avec nous des liens entre les attaques aux droits sociaux et l’érosion de la démocratie.

Suite à ces présentations, le débat se poursuivra avec les interventions des participants et participantes qui, nous en sommes persuadés, contribueront à alimenter une relecture de la conjoncture.

Comme il est de coutume à la TROVEP de Montréal, ce « moment de réflexion » est ouvert aux membres, militants et militantes de votre organisme. Nous vous suggérons de leur lancer l’invitation.

Nous espérons vous voir nombreux et nombreuses le 9 décembre prochain.

Solidairement.

Mathieu Robillard
pour le Comité de Coordination de la TROVEP de Montréal

vendredi 1 février 2008


Table Régionale des Organismes Volontaires d’Éducation Populaire de Montréal

ACCÈS AU TRANSPORT EN COMMUN

Une tarification sociale pour les personnes à faibles revenus :
C’est possible, c’est nécessaire!

Une tarification sociale? Pour qui?
Malgré les nombreux problèmes liés à la pollution atmosphérique, malgré la prise de conscience de plus en plus grande de l’ensemble de la population face aux problèmes environnementaux, malgré les beaux discours des éluEs sur les impacts des gaz à effets de serre, le transport en commun n’est toujours pas la mi même une priorité des nos gouvernements. Il est temps de passer de la parole aux actes en favorisant le développement du transport en commun et en facilitant son accès.

Environ 40% des Montréalaises et des Montréalais ne possèdent pas de voiture. 43% des travailleurs et travailleuses n’utilisent pas une automobile pour se rendre au travail. À moins de marcher ou de pédaler, ces personnes se déplacent en transport en commun. Il s’agit donc d’une clientèle captive qui subit année après année des hausses de tarifs… et des coupures de services.

29% de la population montréalaise vit sous les seuils de faibles revenus tels que définis par Statistiques Canada. L’augmentation des tarifs a un impact encore plus important pour ces personnes puisque leur budget subit déjà une multitude de ponctions (loyer, nourriture et vêtements, tarifs d’électricité, frais scolaires, assurance-médicaments, etc.). La grande majorité de ces ménages n’a pas d’auto. Plusieurs n’ont tout simplement pas les moyens de prendre le transport en commun. À chaque hausse de tarifs, de plus en plus de gens y renoncent.

Le transport en commun doit-il être un choix de société? Oui, sans aucun doute. Mais le transport en commun doit aussi être accessible pour tout le monde. C’est une question de justice.
Le droit à la mobilité pour tous et toutes

Les personnes financièrement moins nanties ont elles aussi le droit de se déplacer. Les petitEs salariéEs, pour se rendre au boulot, les sans emploi, pour essayer de s’en trouver un. Bien d’autres raisons sont également des nécessités : pour voir son médecin, pour apprendre dans un groupe d’alphabétisation, pour visiter sa famille, pour défendre ses droits au conseil d’arrondissement, pour se rendre à la bibliothèque municipale, pour se divertir, etc.

Les éluEs nous parlent souvent d’une ville inclusive. Ils et elles nous disent favoriser l’accessibilité aux arts et à la culture, rechercher la participation citoyenne aux affaires de la cité. Mais comment le faire, lorsque nos faibles revenus nous empêchent de nous déplacer?

De plus en plus, le droit à la mobilité est évoqué au même titre que le droit au logement. Le droit à la mobilité, c’est de permettre l’accès à l’ensemble des ressources urbaines : l’emploi, les services, la formation, la culture, les loisirs, etc. Au lieu de confiner les moins riches dans leur environnement immédiat, il s’agit plutôt de briser l’isolement. Il faut concrétiser le droit à la ville pour tous et toutes.


La tarification sociale, ça existe ailleurs…

L’idée d’établir une tarification sociale pour les personnes à faibles revenus est loin d’être farfelue. Ça existe ailleurs sur la planète et ce n’est pas si compliqué. Les prestataires de l’aide sociale ou de l’assurance-emploi peuvent facilement prouver leur admissibilité pour obtenir une carte à tarif réduit. Les petitEs salariéEs peuvent y avoir accès grâce à une preuve d’admissibilité délivrée soit par leur employeur soit par le gouvernement. Bref, il faut être imaginatif pour favoriser l’utilisation du transport en commun et le faire en toute justice.

La tarification sociale est appliquée en France. Une politique nationale tarifaire y est même encadrée par des lois. Les sociétés publiques de transport sont soumises à la loi Solidarité et renouvellement urbains. Celle-ci inclut un article qui leur impose une réduction tarifaire d’au moins 50% pour les personnes disposant de faibles revenus.

Dans la région urbaine de Lyon, il existe entre autres un tarif réduit de 75% pour certaines catégories plus défavorisées économiquement dont les personnes au chômage indemnisées ou de longue durée. Dans la Communauté urbaine de Lille, une carte permet au travailleur privé d’emploi de voyager gratuitement et une carte spéciale donne 50% de réduction pour les personnes recevant le Revenu Minimum d’Insertion. Nous retrouvons même la gratuité totale dans de plus petites municipalités (de 80 000 habitantEs par exemple).


Est-ce faisable ?

Lyon et Lille sont des agglomérations semblables à Montréal et le service de transport ne s’est pas encore effondré. Pourquoi? Les administrations publiques et les sociétés de transport ont financé ce choix collectif et les entreprises privées contribuent par une taxe. Cette vision du transport collectif fait même l’affaire des entreprises puisqu’elle règle ainsi les problèmes de transport et que, souvent, celles-ci contribuent déjà au financement en assumant le coût des titres de transport de leurs employéEs (reconnaissons que le réseau de transport est principalement structuré pour faciliter le déplacement des travailleurEUSEs).

Chez nous, rappelons l’expérience de Sherbrooke où l’université défraie la totalité des coûts du transport en commun pour les étudiantEs. Rappelons aussi que plusieurs autres sources de revenus pour le transport en commun ont récemment été évoquées à Montréal comme des frais supplémentaires pour le stationnement ou une contribution des banlieusards qui traversent les ponts autour de l’île.

La tarification sociale pour les personnes à faibles revenus :
C’est nécessaire... mais ça prend une volonté politique!


Pour information : TROVEP de Montréal au 527-1112 ou à trovep@cooptel.qc.ca.